La Pedriza

La Pedriza - Manzanares el Real

Ah la Pedriza, quel endroit fantastique, des souvenirs tatoués dans le cœur et des instants figés pleins les pupilles. Que de rencontres extraordinaires, le point crucial de mon voyage prenant alors une tournure différente. C’est l’émancipation du possible où je ne remercierai jamais assez mes amis rencontrés là-bas d’avoir su apporter tant de réconfort à ce moment précis de ma vie… Muchas gracias chicos !

Si vous avez lu mon précèdent récit vous savez que j’arrive donc depuis le désert de Bardenas Reales. Et si cela n’est pas le cas je vous invite à y jeter un œil, ne serait-ce que pour découvrir l’endroit qui en vaut le détour.

Je me dirige vers Saragosse où je ne m’arrêterai pas, ayant dans l’idée de rejoindre Madrid mais sans but précis, c’est en faisant une brève halte que je m’aperçois qu’un spot de parapente n’est pas très loin et sur mon chemin.
La Muela, un minuscule village, est doté d’une bute à soaring ou les volants des environs se rejoignent.
je commence à m’habituer doucement à tâtonner pour chercher un endroit propice où garé mon van, pas toujours pratique à cause de la longueur du véhicule. Traversant le village les gens s’amusent de mon passage et me regardent avec des yeux éberlués.
Que fais donc cette étrange chariote vermillon par ici ?
Je deviens pour un instant l’attraction des enfants, mon van et je l’ai déjà constaté, me procure un capital sympathie non négligeable et bienvenu.

La colline en question n’est haute que de quelques centaines de mètres, en moins de 20 minutes de marche je suis sur le plateau, un vent à décorner des bœufs s’y prélasse.
Les habitués du lieu y font du gonflage et me font signe de ne surtout pas décoller. Vu les rafales je ne m’y serai pas essayé c’est certain.
J’essais tant bien que mal de communiquer avec mes très basiques mots d’Espagnole, ça n’ira pas très loin faute de vocabulaire.
Ground handling musclé et quelques fou-rires qui sont bienvenus après plus d’une semaine sans piper mot.
Je quitte la bute en fin de journée sans oublier de saluer chaleureusement mes comparses.
Un endroit repéré à l’entrée du village semble tout indiqué pour y passer la nuit, je ne reprendrai mon périple que le lendemain n’étant plus très enclin à conduire pour l’heure.

Il est six heure du mat et je trace la route direction Madrid, j’aime à rouler tôt, le bitume pour moi seul en compagnie du soleil levant chassant doucement la froide nuit.
Un grand PAAM me sort de mes rêveries quand je m’aperçois que mon pneu avant vient de littéralement explosé !
Durant une heure je tente de dévisser cette connerie de roue de secours située sous le chassis qui bien sûr est grippée dans son étaux, mon inexistante qualité de mécanicien est mise à rude épreuve.
La patte boiteuse de mon van enfin réparée, je reprends la route.

C’est en début de journée que j’arrive aux alentours de Madrid, souhaitant éviter le ventre de la ville, je dérive un peu au hasard et tombe sur un terrain vague en périphérie.
Je n’irai pas plus loin aujourd’hui et j’effectue quelques recherches sur internet pour voir ce qu’il y aurai à faire durant mes futurs journées.
J’écris aussi beaucoup, mon actuel site a déjà été mon blog perso pour quelques temps, mais dans cette période introspective que je vivais assez mal, une espèce de gène dans l’indécence de mes propos m’a fait faire table rase pour recommencer sous la forme que vous le voyez actuellement.

Mortelle ! Il y a une salle d’escalade nommée Sputnik pas loin dans la ville d’Alcobendas en bordure de la capitale, un bon moyen de se changer les idées et peut être de faire connaissance avec d’autres grimpeurs.

Je fête cela en ouvrant une bouteille qu’un vieux pirate m’a laissé lors de mon départ et après quelques verres, le bateau tangue et la houle frappe sévère.
Je ne mange que peu, plutôt très apte aux rêveries artificielles, une vague dans un moment d’inattention me fais chavirer par-dessus bord. C’est en titubant que je bricole la porte latérale de mon van qui choisit ce moment pour se détacher inopinément et me tomber sur la tronche.
Et re PAAM, mais cette fois sur mon arcade sourcilière. Psshhht ça fait des grands jets façon slasher des années 80… Génial t’as une porte de 50kg dans les bras, t’es bourré, tu fous du sang partout et y’a pas un chat pour donner la griffe.
Ce n’est pas plus mal car l’image que je renvoies doit être bien étrange à ce moment précis.
Tant bien que mal je tente de remettre l’imposante porte dans ses gonds, me coupe la main pour bien faire et après avoir émis moultes cris de rage ma portière reprend ca place initiale.

Alors c’est certain, mon arrivé le jours d’après à la salle d’escalade sera moins chatoyante. Revêtu d’une saillante entaille et de bandages sur la main, j’ai la gueule de Rocky Balboa après une cuisante défaite mais essaie quand même d’avoir fière allure, et c’est vaillamment que je brave le portique d’entré du club, déterminé à envoyer mes quelques punch line d’Espagnole.
Agréable surprise de tomber sur le staff super sympa, qui de plus parle Anglais. Pour la première fois depuis deux semaines je peux échanger et dialoguer un tant soit peu.
La salle est top, partie bloc en sous-sol, des voies pour tous les goûts au rez-de-chaussée et surtout des lignes en auto rope pour grimper solo.
Hormis les employés personne ne parle Anglais ou Français, un peu timide je bricole dans mon coin.
Ah oui, autre bénédiction, il y’a des vestiaires ! Enfin une douche avec un peu d’intimité et de l’eau chaude sans besoin de rationner à l’extrême.
Apres quelques heures je suis rincé dans tous les sens du terme, et m’offre une bière au bar de la terrasse. Je retrouve le soir venu ma maisonnette garée sur l’immense parking d’en face.

La Pedriza Espagne

Nuit sans encombre, la fatigue de l’effort est bienfaisante pour l’esprit et je ne suis réveillé qu’au petit matin par deux policiers que j’ai tout le mal du monde à comprendre.
Bon, ils sont hyper sympas malgré tout. J’ouvre endormie, à moitié à poils, et finis par comprendre dans leur Anglais bien à eux… Do you work for amassonne ?
Au bout de la quatrième élocutions pour savoir si je travaille pour “amassonne” ?  Je suis à deux doigts d’abandonner et de lancer un yes histoire de répliquer quelque chose car je ne comprends absolument pas ce qu’est que ce foutu amassonne !
Ok les gars, je regarde autour et en effet je me trouve sur le parking d’un des plus gros dépôts d’Espagne du célèbre site de vente Amazon. C’est sûr l’enseigne de 28 mètres par 15 aurait dû me mettre la puce à l’œil. Mais bon, ceux qui me connaissent savent que je suis souvent très loin de ce genre de futile considération.

Je tiens à préciser que tout le long de mon long voyage en Espagne les porteurs de képi seront toujours d’une grande gentillesse et compréhensifs, merci les gars.

Je retournerai plusieurs jours consécutifs au club sans bouger d’endroit, ma libido un peu énervée pour une fois me sera utile au lieu de me desservir en désastre, en me poussant à m’essayer à une approche séductrice, c’est avec mon allure style barbe hirsute virant au roux et une fière cicatrice frontale (c’est vous dire l’allure) que j’aborde les filles de l’accueil jours après jours pour finir par sympathiser et entamer une discussion en mode : “Hey girls, vous connaissez des spots pour grimper dehors ? Je suis seul au monde tel Kalimero et je cherche à m’écorcher les mains sur des cailloux pointus.”
Surpris, l’une d’entre elle me fait un topo détaillé sur les endroits incontournables des alentours et me laisse son numéro de téléphone en cas où j’aurai besoin d’aide. Plutôt cool.
Le soir même, décidant de stopper les ardeurs de mon petit pistolerose, je décide de prendre la route vers l’un des endroits qu’elle m’a indiquée. Ce sera encore une fois au pif que j’atterrirai en relisant ses notes à Manzanares el Real et le fabuleux parc de la Pedriza.
Endroit magique si il en est, qui me fera définitivement prendre conscience que suivre l’inconnu et le fil de l’irraison est la meilleur chose qui me soit jamais arrivée.

Quand la vie te pousse quelque part, des milliers de signaux sans cesse te frappent en comètes vibrantes, des instants de joie trop éphémères, lourde dépression, sensation d’être poussé vers le gouffre, incompréhension face aux situations et mal-être, sont autant de choses que nous devrions tous écouter. La vérité de soi est souvent ailleurs et les mots d’une amie cher à mon cœur résonne encore : “Radical acceptation.”

Feu flamme, je débarque donc dans ce joli village médiéval à 45 minutes d’Alcobendas, trouve un espace vert pour garer mon van face à une ancienne ruine de château où ne persiste qu’une muraille haute de 1m50.
Je visite le bourg, et comme je le découvrirai vite, tout le monde grimpe plus ou moins. Un magasin d’escalade en son centre, j’achète un topo et c’est parti.

Il y a deux entrées possibles pour accéder au parc, la principale qui sillonne une partie de la réserve et une seconde nommée El Tranco en haut du village qui finit en cul de sac.
Je m’engouffre au petit matin par l’entrée officielle dans ses splendides dédales, me gare au premier parking, bois un café et pars avec un petit sac à dos et mes bâtons.

Je rencontre un couple âgé qui me saluent et profite de l’occasion pour essayer de leur soutirer quelques informations sur les endroits d’escalade intéressants. L’Espagnole étant langue latine et proche du Français (personne ne parle Anglais en règle générale) je ne comprends les indications qu’à moitié et m’égare pour très rapidement, me perdre… Comme d’hab quoi.

J’aperçois durant mon errance un crashpad et deux joyeux lurons vêtus de bonnet à pompon qui s’accrochent désespérément à un bloc de granit. Je tente à nouveau une approche. Ils parlent Anglais couramment, et ce sera une constante durant mon séjour à la Pedriza, sont d’une grande gentillesse et me proposant ASAP de grimper avec eux.
Un peu timide, un peu sans chaussons d’escalade aussi, je les remercie et leur répond sans trop y croire que si je les recroise sur le retour de mon exploration ce sera avec plaisir.
J’arpente l’endroit durant plusieurs heures, immense, gargantuesque, foret éparse, imposants bloques de roche et de monticules à perte de vue.
La vie est bien foutue parfois, je recroise le vibrant duo sur un autre secteur pendant mon retour. On discute, fume un joint, et la conversation bat son plein.
ils grimpent ici depuis leur enfance, l’un d’eux vie dans un ancien cinéma truck et m’invite à boire une bière dans son imposant camion. Ce sera ma plus belle rencontre, ils deviendront mes amis et bien plus encore, Nacho et Miguel mes potes de bourlingues… Love you forever guys

la Pedriza Espagne

A partir de ce jour, sera au programme journalier, bouldering, boose, fumette et expéditions dans la Pedriza. Les lendemains seront faits de crashpad, de “puta madre” scandés à tout va et de plaies sur chacun des doigts sans exceptions.
Le rocher de granite est bien abrasif, il me faudra un bon mois pour m’y habituer. Je pratique depuis peu et avec le petit niveau qu’est le mien, je m’efforce de suivre mes potes sur des problèmes vraiment ardues pour le novice que je suis.
L’ambiance est joviale, on s’en fou qui grimpe du 5 ou du 7, tous le monde y passe. J’apprends énormément, pas que sur le terrain de la grimpe mais aussi sur la vie en van avec très peu de moyen. Je ne manque de rien et poursuit une philosophie différente quant à l’appréhension du sens que l’on donne aux temps.
Nous sommes début 2019, le soir ça caille sévère, je rentre souvent tard, et les douches par 2° à 11h du soir derrière le van le cul à l’air me laisseront un souvenir poignant!

Je dispose de tout le confort nécessaire, mon van est 100% autonome avec nul autre besoin que  de me ravitailler en eau à la fontaine jonchant l’entrée du village.
Les habitants ont maintenant vite fait de me reconnaître, je suis devenu le chico torse nu qui vie dans un camion de pompier et arpente la Pedriza ! D’une grande sympathie à mon égard les natifs du village passeront souvent échanger quelques mots au camion.

Je ferai plusieurs autres rencontres qui me mèneront à revisiter souvent Alcobendas, j’en profite ainsi pour retourner au Sputnik et revoir la nana qui m’avait si gentiment orientée. Nous échangeons un peu plus pour qu’elle finisse par me dire qu’elle habite Manzanares ! Et qu’elle a entendu parler du mec chelou dans son camion rouge.

De fil en aiguille elle m’invite à aller grimper par là-bas. J’accepte bien évidemment, et là encore je me retrouve quelques jours plus tard avec une équipée sauvage de forts grimpeurs pour attaquer des dalles en 7 et + ou y’a pas un graton et où je ne comprends plus très bien les lois de la gravité ! Autant vous dire que je n’ai pas réussi à faire plus de trois mouvements et que je suis vite redescendu sur du plus facile après avoir refusé de sauter en arrière en tombant et m’être fait une jolie raclette sur le flanc gauche.
Toujours tellement de gentillesse, tous le monde m’invite à passer la nuit à gauche et à droite, s’inquiète de savoir si j’ai besoin de quoi que ce soit. Je me laisse vivre et vais là où l’on veut bien de moi…  Merci, merci à vous tous.

Certains jours je m’enfonce plus loin dans la Pedriza, parfois pour plusieurs nuits avec mon baluchon et ma tente. Je me perds avec joie et passe de longues heures à admirer les vautours qui y ont élu domicile et s’envolent depuis leurs nids.

Une amie finit par me mettre en contact avec un parapentiste du coin, en effet j’aimerai bien en profiter pour voler mais dans les proches alentours je ne trouve rien de bien satisfaisant. Quelques messages whatsapp plus tard, un prénommé Alberto me propose de le rencontrer et d’aller sur une montagne environnante, Mondalindo, qui à priori offre une rando sympa et un vol intéressant.
Première rencontre, le courant passe, Alberto deviendra mon binôme de vol pour les prochains mois et une personne qui aura toujours sa place dans mon cœur, un ami encore une fois extraordinaire. Comme si la vie enfin me disait, fuck man, finalement tu as embrassé ta voie, maintenant vie comme il se doit… Incroyable.

Nous ferons ensemble bien des expéditions, en vol comme en escalade, il m’initiera aussi au speed riding et m’embarquera sur mon prochain coup de cœur, Patones !

Imposante falaise qui paraît sculptée uniquement pour y grimper, un fleuve coule en son centre et les après-midis là-bas y sont belles. Un peu les pieds dans l’eau, un peu les doigts dans la roche, un peu la tête dans les nuages.
Je séjournerai aux alentours quelques temps, dormant en haut de la falaise avec des potes, des nuits à écouter du Radiohead et se marrer, à se mettre des ptites crèmes pour réparer nos doigts crochus. Spéciale dédicace à mon ami Pablo, c’est promis mec on remet ça bientôt !

Je pourrais encore passer des heures et des heures à parler de nos virés et de mes rencontres, les mois passent, c’est l’aventure tous les jours, des anecdotes à tous les coins de montagnes.
Je passerai aussi sur mes rencontres plus perso, ça ne change pas beaucoup, je fais dans … “L’extension du domaine de la lutte.”

La Pedriza Espagne
la Pedriza Espagne

Le prochain fait marquant sera l’adoption de Lhotse ! me sentant malgré tout assez seul sans compagne je décide de prendre une petite chienne !
Oui ok j’en vois au fond de la classe qui ricanent quant à la malencontreuse tournure de la phrase !
Dans la langue de Pablo Escobar mes amis ne manqueront pas de me faire remarquer que l’allocution est encore plus cocasse.

Bref, comme disait Sting : “I feel so lonely”, tous mes potes ont des clebs, je finis par craquer et une connaissance vétérinaire me propose de venir voir une chienne de quatre mois. Vouée à mourir quelques semaines plus tôt à cause d’une maladie rare, elle a miraculeusement survécu. Son destin n’est pas plus clément pour autant, c’est un croisement entre un Lévrier et un Pitbull, et il est interdit en Espagne d’adopter un Pit, même si seulement la moitié d’un !
Surtout ne le répétez pas, il change quelque peu l’origine de la dangereuse bête et je quitte le chenil par une fin de journée ensoleillée avec à mes cotés une vaillante boule de poils blanche, enfin plutôt couleur caca si on y regarde bien. Les chiens errants croulent dans les refuges et n’aillant que peu de moyen ils ont tout le mal du monde à s’en occuper convenablement.
Une douche plus tard, elle a repris une apparence plus glamour et une odeur moins vintage ! Elle découvre sa future maison.
Lhotse va devenir ma copine d’aventure, d’une gentillesse n’ayant d’égale que sa juvénile bêtise, c’est une masse d’amour qui ne pense qu’a jouer, manger, jouer, et puis surtout encore jouer !
Elle m’accompagne inlassablement depuis ce jour et comme moi, teste toutes les conneries possibles au moins une fois. Nous devons être dotés du même processus d’apprentissage, ça promet. Elle entame une série de cascades, se vautre en essayant de me suivre sur une voie d’escalade, tombe du haut d’une muraille, décide de se jeter dans un torrent et j’en passe et des meilleurs.
On dira bientôt d’elle, que cet animal  insouciant semble être indestructible et ses exploits seront peut-être relatés un jours  sur mon blog !
C’est ma chienne, Lhotse, my besty, ma tornade de poils qui rapidement arpentera aussi bien les plages de sable que les glaciers.

Mon aventure Hispanique s’achève bientôt, j’ai passé sous couvert mes tentatives de travailler qui n’ont pas vraiment étés fructueuses. Ma petite bourse qui doucement mais surement s’amenuise de ses sesterces, mes naïves émotionnelles aventures et puis d’autres raisons personnelles qui me pousseront non pas à faire marche arrière mais à rentrer sur Chamonix pour continuer ma vie, mais d’une manière différente.
Enfin je semble dire plus terre à terre, mais je ne suis pas prêt.
Pas prêt ? A quoi ? Retourner à mon ancienne vie ? Cela n’aura été après tout qu’un caprice de vanlifer faisant sa crise de la quarantaine ? Un acte gratuit sur un simple coup de tête ?

Un matin, il y’a maintenant un certain temps, j’ai pris la route d’abord pour fuir, puis pour y trouver une raison de vivre et enfin sans le chercher une philosophie différente. Je ne suis toujours pas revenu sur mes pas et continu de sillonner la tangente de mon destin. Je me pose par ci par là, apprécie le chant des oiseaux et le rire des gens que je croise. J’ai embrassé la mariée en lui souhaitant tout le bonheur du monde mais l’ai abandonnée sur le quai pour embarquer vers un long voyage.
J’ai déserté une vie d’incompréhension.

Cela clos mon carnet de voyage dit du “départ”… Qu’il était dur se départ, qu’il m’aura coûté. Qu’elle est belle cette virée, tant de souvenirs passés et futur à découvrir qui en découlent.

Je dédie cette echappée à quelqu’un qui manque cruellement à l’appel, et qui aura changé ma vie.

See you in the wild !

Ton p’tit cul qui se déhanche
Me fait oublier que j’suis une tanche
C’est la houle qui me berce contre le vent
Moi je rêve d’une trêve et fais semblant
D’entendre la mer qui m’apaise
Quand on s’enlace et qu’on baise

Ton cul c’est Graal sur le chemin
De celui qui n’a jamais eu le sein
Du saint crucifié sur une putain d’planche
Dessein de la fine ligne blanche
Dessin de ta cambrure quand tu t’penches
Et tes seins deux pommes sur une branche

J’ai pris le train pour la déroute
Un matin brumeux épris par le doute
Mais qu’est c’que j’en ai à foutre
De toute manière j’me barre en août

Après que t’aies pris tes clics et tes… Claques
Sans un mot, juste une cigarette et se regard qui claque…
La porte et, met fin à l’entracte
C’est le film qui reprend et patatrac
Craque j’suis en vrac
Une pute sans mac
Qui erre mais qu’a perdue son sac
Et qui s’prend des fuckin’ gros frac

J’ai pris le train pour la déroute
Un matin brumeux épris par le doute
Putain elle est longue cette route
Rien à foutre j’ai plus l’temps j’me barre en août

Du haut d’tes bas, du chaos mondain
Deux hémisphères sud m’apaisent enfin
Sous ton fute en léopard égyptien
Un p’tit animal à poils ras qui m’fait du bien
Qui sent le balnéaire et l’air marin
Mais fais pas ta chienne vas y reviens
Vas y reviens …

J’ai pris le train pour la déroute
Un matin brumeux épris par le doute
Putain qu’elle est longue cette route
Rien à foutre j’ai plus l’temps j’me barre en août

In2thewild

la Pedriza Espagne