Spanish Castle Magic

"It takes about half a day, to get there, if we travel by my dragonfly."

Des pôles opposés en lointains horizons, voguer sur l’oscillation, un peu à vue, tantôt tête baissée.
De l’action de faire faut-il agir en défaire afin d’entrouvrir l’irraison… Une impression de tricoter à l’envers par grands efforts.
C’est que le souvenir, si brumeux parfois, est l’outil qu’il me reste pour raccorder au présent.
“Les mâchoires serrées, au milieu du trésor, les mains sur le sol, les yeux dans les yeux.”

La reprise de l’asphalte, les traverses caillouteuses, s’éloigner du confortable sans pour autant être mal aisé.
Puis les fins d’années toujours aux saveur amers, quelque chose qui ne me sied guère.
Pourtant pas croyant pour un pesète que l’ultimatum possède une raison d’être ni d’une grande signification, c’est tout de même l’instant où les fantômes se prélassent confortablement aux fenêtres de l’ambulance.
Ils contemplent un instant ce monde, laissés pour compte, une douce nostalgie dans leurs regards, le temps des non oubliés qu’on chéri un peu trop, ceux qui aux premiers claironnements des jours ne se présentent plus, celles dont la chaleur c’est éteinte.
On me pousse à me réjouir, à être heureux de cette célébration de la nouvelle cuvée en devenir qui pourtant sent toujours le formol et la vieille chaussette.
Avancer sans mes comparses est éprouvant, mais la mémoire est la force qui persiste, d’où je puise parfois dans les tréfonds la poésie qui ramène aux temps anciens, aux rires, aux regards puérils, aux caresses apaisantes.
Délaissés, sont mes écrits le temps d’un souffle, cherchant si il y avait encore une raison de gribouiller les états d’âme.
Cette route me donnait l’impression de m’éloigner de l’utile plutôt que de me rapprocher d’un idéal.
N’est-il pas fait pour ne jamais être atteins ? C’est la carotte qui force Bourriquet à trottiner, une libre pensée, une philosophie de l’esprit biaisée entre fantasme et tangible.

Mais l’Espagne regorge de surprises, sillonnant en diverse compagnie, rejoindre les marginaux ne s’inquiétants que très peu des affaires sérieuses, des gens simples au cœur dénudé de toute manigance.
Une certaine liberté dans l’exile.
Le réveil de l’animal, après un long sommeil nécessaire. En terre de feu les tempéraments sont explosifs et instinctifs… Loin, très loin du propre sur elles, sont les valkyries des temps modernes. A mille lieux de l’aseptisation, le cul à l’air dans la foret ou dans la moiteur de l’effort, sous le soleil exactement !
Des lianes fougueuses, l’abricot et son galbe saillant sur l’arbre qui penche, beauté absolue d’une courbe secrète, redeviennent le centre du monde et l’exutoire d’une grande volupté… Arrogantes et capricieuses, une ode à la beauté non altérée…la fourrure de l’animal, l’animal.

Alors je caracole les opposés cardinaux.
Riglos et son conglomérat cyclopéen, des voies anciennes ou se fier à la cotation est une sérieuse erreur, respect aux pionniers qui ouvrir des trucs invraisemblables en bottes de pluie, où tu apprends l’humilité et que l’engagement avait une signification pour sur différente.
Le temps d’égratigner mes coussinets et d’une envolée depuis la Visera en compagnie des vautours, spectacle unique et village encore insoumis.
La région de Huesca et ses parcs nationaux, Viadello et les “6b” de sieur G. où de grands râles seront éructés. Réaprendre à poser les pattes avec assurance dans ce monde ou l’équilibre me fait défaut.

Pour un bref instant, Je lance une bouée, trop longtemps après le naufrage. Sentir une dernière fois ton odeur et la saveur de tes mains, ton regards Méduséen, tes hanches anéantissant toutes défenses…. Tu ne t’en doutais pas, ne voulais sans doute pas y croire… Je pensais que tu avais fermé notre livre.
Nous arrivons trop tard sur les cendres envolées.
“Avant de perdre la face, et de m’éteindre comme un vieux mégot
Mon tout dernier regard, se portera sur tes fesses
Ou je cachais chaque nuit, le plus précieux de mon magot”

S’éloigner du froid, ma principale préoccupation, qui enlace mon corps et mon humeur, et donc retrouver le rivage de l’océan.
Peñiscola, dans une petite paroi ou nous altérerons à jamais les prises bien contre notre gré, une roche fragile et farouche.
Splendide spectacle, suspendu au-dessus des flots dans mon baudard, les embruns et le champ du cœur au loin.

Chulilla, son canyon apaisant, de nouvelles rencontres et des liens qui se tissent, les gens sont beaux, les iris se croisent, souvent sans mots, souvent en sensations.

J’évite soigneusement les villes et la rumeur de la grande infectieuse, fredonne 21 schizoid man à bord de mon astronef, téléportation sur la côte Est et transite par de jolis endroits tel que Sella et Puig Campana.
L’aventure reprend le dessus,  malhabile je place mes premiers coinceurs, n’y crois pas vraiment alors je repense à Patrick et me dis, mieux vaut ne pas trembler de trop Rigaou.

L’hivers est bien là, du mieux qu’il se peu je tente de le semer au loin, alors je trace toujours plus au Sud, Alicante, Almeria puis Malaga.

J’atteins mon camp de base à El Chorro, y retrouve des connaissances et décide de m’enraciner.
Regroupement de van ou de camions extravagants, un peu trop communautaire à mon gout mais socialement bienfaisant.
Les premières coches dans le sept, des mains endolories, beaucoup de rires et quelques couinements de peurs.

C’est une hirsute bande d’allumés qui chaque matin se lèvent avec la même envie, aller en découdre avec l’allégorie du cailloux.
Il n’y a plus de vieux ou de jeunes, de riches ou de pauvres, de beaux ou de moches, c’est un but unique qui nous lient, une affinité de notre passif que nous ne mentionnons jamais mais qui s’accorde en ce lieu.
Quelques confessions au coin du feu, des paroles qui crépitent mais jamais ne doivent être écrites. Le point commun qui nous unis, je le constate à chaque fois, n’a sa place que dans le palpitant.
Je vois les émotions dans les regards, j’écoute ses silences qui en disent long, c’est une caresse invisible qui se glisse à nos pieds.

Dans ma Merco Benz parfois une grande lassitude me saisie.

Mon humeur, souvent changeante. Je deal avec mes états d’âme afin que d’un commun accord, ils nous profitent du temps présent.
Une auto-restriction sur le possible, alors que tout est sous mes yeux.
Des questions, toujours des questions volages, mais suis-je vraiment si con pour persister dans cette direction, cela fait des décennies maintenant, que j’ai appris à forger mes réponses, alors agir ou ne simplement plus réfléchir est sans doute la réponse.

Je ne dis plus mot, contemple les vautours, noue des cordes sur des falaises, cherche les sentiers effacés par le temps menant sur le haut des montagnes , déploie parfois mon unique aile et pour un instant, fait mordre la poussière au rêve d’Icare.

Et puis les rires reprennent, je ne cherche plus et c’est la condition pour y trouver quelque chose, enfin non, juste se laisser bercer et voir ou le courant nous porte.
Pays incroyable qui me rappel à mon enfance dans le Sud, des décors, des tableaux, des esquisses sur les horizons.

Mon blog s’ouvre sur une citation de Celine, je relis donc voyage au bout de la nuit… il faut continuer de ressentir, quel que soit la notion ancrée, il y a toujours de nouvelles pages à écrire.