La beauté du geste

La beauté du geste

Je parle sans cesse de liberté, j’ai pourtant tout le mal du monde à briser la chaîne des émotions. Par le passé il y eu des choix qui, si dictés par un réel élan ou d’une quelque empathie n’ont pas été totalement sensés.
Abandonné ceux qu’il ne fallait pas et gardé au coin du feu des gens de passage qui ne réchauffent point l’âme.

Le voyage apporte la rencontre, une certaine philosophie, difficile à abordée parfois car la neutralité ne me sied gère. Naviguant à vue entre le tout et son rien, la dualité des pensées, le jour et la nuit.
Sans rentrer dans le pathos à deux balles, je ne souhait pas voir dans les yeux de l’autre, le reflet de ce que j’ai pu traverser ni le désespoir d’une situation arrivée à son terme que l’on ose plus désamorcer. La profonde tristesse dans le regard de mes congénères, celle qui creuse l’érosion des traits du visage en rivières acides et obscurcie la silhouette, me plonge souvent dans le désarroi. Nous méritons mieux que ça, qu’une vie de merde dans la douleur et la peur. Les épreuves on ne les réussies pas toutes, des cicatrices qu’on caresses tard dans la nuit et des souvenirs d’autres vies, mais vraiment, je ne souhaite pas scarifier ceux qui croisent mon chemin.
Le martyr ne m’inspire que mépris sauf si il berne son monde et en tire force afin de ne pas crever trop tôt.

Il est sans doute l’heure de remettre les pendules à l’heure, je me questionne énormément sur l’émotion amoureuse, son sens, ce qu’elle représente.
Quid du partage et de l’utilité de se lier à la soudure inox ?
Est-elle une rédemption nécessaire ? Un égoïste acte de possession, une sûreté prête à s’enrayer ou un processus chimique reproductif enfouie, transformé par nos soins en excuse afin d’évaser la solitude ?
Un gène déréglé jouant des coudes pour se garder les mets de choix ?

Peut-on aimer avec respect quand les pulsions ne peuvent plus être refoulées ou quand le lien subtil de l’émotion se fait la malle ? D’ailleurs pourquoi nier quoi que ce soit, ce mensonge de chacun afin de prétendre au couple, vient-il d’une supposée grandeur ou d’une force démonstrative typique de notre société ?
Sans me confondre en faiblesse, je peux dire que je ne repousse jamais le coté animal comme la part de féminité qui sommeille en moi et probablement en tout mâle, inversement le petit côté masculin si sexy chez toutes les nanas.

A mesure que j’écris je m’étonne moi-même. Mais oui, briser la glace, des corps qui fondent et se mélangent, “des moments de plaisirs” qui devraient être une tendance naturelle.
L’utopie d’une fornication galante sans bénéfice à en retirer.
La liberté sexuelle a elle existé ou réside-t-il encore le spectre châtreur de ses deux milles ans de religion infâme au fond de nos particules élémentaires ?
Le macho de base qui compose l’essentiel du monde des Alpha aura depuis longtemps tout bousillé par son comportement ignoble et conquistador.

Être un mec, mais quelle tare ! Il faut peindre le tableau, vulgaire, égoïste, bloqué dans son petit comportement testiculaire, vouloir soumettre par la grande volonté phallique… Mais fuck, je ne m’y retrouve pas là-dedans…J’attise la plénitude autant dans mes virées solitaires que dans le sourire et la joie provoquée chez l’autre.

Me sentant souvent pris au piège, comment ne pas être dérangeant, lourdingue et mal compris, lorsque de tes yeux en amande surgit violemment en moi ce désir immense de découvrir la beauté du corps en mouvement et le cri primal. Sentir la vie, sur des courbes affamées, dans la tropical moiteur de ton sexe. Un maelstrom de convulsions, réchauffement climatique organisé qui d’un coup provoque la résolution, tout brûle tout part en vrille, plus rien ne compte… Que ton corps arqué et la réponse à toutes choses… L’orgasme.

Le corps est une peinture organique qui réplique en souffles, en effluves et formes changeantes sans cesse dans leurs états, c’est la mer qui chavire l’essence même de l’être.
Quand insuffler le plaisir devient un geste beau sans rien attendre en retour, où mon insignifiante condition d’homme encéphallique enfin se mue et ne cherche plus à pénétrer le temple… La part du diable en moi ?

Pour peux je m’étirerai en un féministe pamphlet, ce qui m’arrive parfois, mes proches le savent, dans ses moments cascadant avec l’éthyle, mais trouvant cela trop ingrat je ne me prononce point sur des millénaires réducteurs infligés au beau sexe, le mâle est déjà fait, les excuses sont vaines et bien obligé de m’asseoir sur la tonne de névrose inculquée au forceps auxquelles je n’ai jamais participé. Mes débilitants congénères ont déjà saboté en toute conscience.

J’aurai tout essayé et accepté, afin de concilier nos deux personnes durant cet hiver qui aura su geler les émotions, mais j’espère avoir laissé quelque part un coin de répit ou tu pourras parfois te reposer et panser tes blessures…. Je crois que tout acte désespéré possède quelque chose de magnifique ainsi que les extrêmes attirent leur contraire, alors la paix j’en suis sur viendra se lover en toi et tous fera sens.
Comme tu vas me manquer…

Maintenant il me reste à dé-canaliser cette énergie dans un monde ou l’excentrique est mal perçu, où le cul devenu une performance, un acte de soumission, call me daddy en live sur youporn, allonge le cash Donald, des cases ou l’on range les pédés et les filles en chemises à carreaux mais face à cet univers seul j’y vois la grâce et la rédemption dans nos différences.
Dès lors je m’incline et dans un respect immense il me faut chaque jours entamer cette danse que j’appel la beauté du geste.

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