Endless summer

Endless summer ? Endless memories !

Parce que les saisons passent, comme un traitre après son larcin, la mémoire elle reste sur l’apesanteur sans jamais ternir en couleurs.
On dit que le temps efface, les adages ne sont pas mon fort alors je caresse des moments, les peines comme les éclats de paix, des bribes éparses qui me façonnent et me poussent vers l’inconnu.
Choisir de chevaucher l’ancien serpent n’est pas toujours aisé, il possède sa propre volonté et n’a que faire de nos insignifiants états d’âmes.
Son corps froids sculpté d’écailles majestueuses me fascine et me terrifie depuis toujours.
Pourtant lui seul sait glisser entre les mondes et les âges, contemple des contrées légendaires oubliées, son silence diurne lui octroi un droit de passage clandestin vers sa destination.
Il gravit inlassablement les montagnes, traverse les déserts comme les fleuves sans fonds, sillonne les plaines mais rarement en droite ligne.

il nous faut parfois balancer sur le paradoxe.
Invoquer le chaos qui engendre la vie, par bien des moyens, liqueurs aux gouts amers qui pansent les brulures, la chaleur des corps réactive les sens, invoque le fluide primaire, l’alchimie opère sous peine de charger l’émotionnel d’un surplus de plomb.
“I’m so tired… I hid my tracks, spit out all my air.”

Une muse un jour m’a chuchotée à l’oreille, que Jupiter brille la première et guide les insouciants, a Spanish story… Alors je guette cette lueur le jour fuyant afin de prendre le cap qu’elle m’indique et sans cesse, me laisse surprendre par l’irraison.
En sa mémoire le voyage doit continuer, garder les instants intactes en ses temps où les souverains de pailles bâillonnent leurs sujets et tentent de briser toutes libertés afin d’asseoir l’enclume de la main du pouvoir.
La ville devient monstre, le Horla prend forme et dévore le tangible, le roi et l’oiseau se chamaillent comme toujours mais plus que de raison.

Le voyage doit continuer.

La beauté des Pyrénées, plus au Sud Riglos et son conglomérat hirsute, un retour à Orpierre où l’inattendu œuvre comme toujours quand nous lâchons prise. Il faut cesser de chercher, dès lors tout peut arriver.
Mont Dauphin et son fort perché, majestueux rempart d’où s’écoule la vie, le Queyras en plaines tendues entre deux pics, Ailefroide où la conquête des glands attaquant ses parois en style full Patagonia mais pas foutu de faire un pas devant l’autre. Je détonne comme toujours à poils ou en t-shirt Godzilla

Si j’étais un kaiju j’aurais balayé sans hésitation d’un rayon gamma le camping défigurant la montagne.

Brouiller les pistes, art que j’acquière depuis des années il est vrai, ca ricane dans les coins au détours d’un cailloux ou d’une butte. Gauloises saillantes et bière entre les pieds, ça m’amuse, je glousse comme le dindon face aux flamboyants colons.
C’est qu’il faut se connaitre et s’être testé pour comprendre de quoi l’on est capable, ou pas.
Donc avoir fait des erreurs, de jeunesse et d’excès de confiance, sans se confondre en excuses puérils et patauger en justifications… J’ai découvert bien des aspects de ma personne, et me souviens le matin venu le prix payé quand la machine grince et prend son temps pour s’éveiller pleinement.
Si je flirt avec la ligne quant à ma propre sécurité, le doute n’a pas sa place quand il s’agit de celle d’autrui.

Alors je m’enfonce toujours plus loin, plus haut, embrasse la vocation qui bientôt je l’espère  deviendra mienne, pousser humblement le curieux vers son aventure.
Comme c’est étrange, je ne cautionne plus rien ou presque sur cet empire, me détache chaque jours un peu plus, et pourtant je dois bien l’avouer, tendre la main et dire, allez viens Rigaou tu vas voir c’est cool la haut, me procure un sentiment que Monsieur Spock n’eut cesse de vouloir comprendre.
Beam me up Scotty, mais t’inquiète si le téléporteur est foutu on va se cogner 2000 de déniv ou quelques centaines de mètres à saigner des doigts, j’ai pas l’air mais des fois j’suis là et pas juste flottant  au grés du vent.
Merde est-ce l’ego qui se réactive après un long sommeil ?

Le mois d’aout s’installe, la canicule donne des reflets noirauds à ma peau blanchâtre empruntée aux petits Suisses, devenir caméléon et se fondre dans la jungle.
Toujours à la recherche du serpent.
Tous ses endroits, liés à des émotions et des personnes, construisent le puzzle de la raison, une joie immense de fouler se que je ne connais point. Je deviens avide du calme des lointains espaces.
Alors mon texte n’en dit pas long sur les faits, toujours un peu bercé par la chaloupante poésie de la vie, je laisserai les photos parler d’elle-même.
Sans doute lassé d’expliquer, j’aimerai inviter à rêver un peu plus en ce siècle des plus castrateur.

Je ne me risque point à divaguer sur des sujets sensibles, des fantômes assis aux fenêtres de la raison, des bribes de souvenirs peuplent cet antre, ceux qui manquent à mon appel, poussés à l’évasion vers d’autres mondes. Des amours perdus, des histoires d’amitiés, des comptines. Le temps n’efface rien…Rien.
C’est pour eux, que j’aime encore à tendre la main au détours d’un obstacle ou d’une vire, car si personne n’est la pour honorer leurs mémoires qui le fera ?
En la commémoration de la vie bouillonnante insufflée en ce monde, daddy n’est pas très orthodoxe mais veille pourtant à chaque détours.
Aux empreintes des passions démesurés, à ceux qui croisent mon chemin et se lient un peu trop, je désabuse parfois certes,  pourtant, le jour où tu te casseras la gueule, même si tout nous a déchiré, il y aura toujours ma main tendu pour te relever.

J’écoute les sourires des amis chers et contemple les discussions de nos instants légers, le monde à l’envers, sans dessus ni dessous les saisons se patinent puis reprennent vie.
Elles attendent patiemment le dieu soleil, l’or du temps brille au loin et trace la route vers des hémisphères reculées.

Le temps n’efface aucunement, il glisse comme l’été, mais s’ancre assurément sur ma peau… Qui se couvre alors de gribouillages insignifiants… Enfin faut croire.

Endless summer of life