La pluie pourpre !

Prince and the revolution

I knew a girl named Nikki
I guess you could say she was a sex fiend
I met her in a hotel lobby
Masturbating with a magazine

She said, “How’d you like to waste some time?”
And I could not resist when I saw little Nikki grind

Prince ! Huummmm quel étrange personnage, totalement adulé ou détesté, je fais partie des deux camps n’ayant jamais trop su quoi penser de sa carrière hétéroclite.

Alors bon allons y directement, le nain pourpre à mes yeux tient du génie absolu malgré tout, enfin plutôt de cette tranche de personnages mégalomaniaques qui me fascinent et que l’on retrouve chez par exemple James Brown en tête de liste.
Quand je regarde ce petit corps qui se trémousse frénétiquement j’y vois un croisement incongrus entre Bruce Lee, Jimi Hendrix et une queer sortie d’un album de Lou Reed.
Malheureusement il ne m’aura jamais fait vibrer plus que ça musicalement parlant, hormis quelques tubes comme on disait, vers la fin des eighties et début 90.
A l’occasion de la mise en ligne d’un concert de la tournée purple rain, je m’agrippe à mon clavier pour m’essayer à en sortir quelques mots, un témoignage du personnage fou qu’il était.

C’est donc pendant ce que je considère comme la pire ère musicale jamais connue, qu’a lieu cette messe colorée et foutraque. Absolument tous les clichés y passent, show démesuré, back band contrôlé au fouet et j’y reviendrai, tenues sorties du Rocky Horror Picture Show et fascination pour the all mighty god.
Une image fofolle de Donald Trump me vient à l’esprit, un autre de mes grands héros de la dérision, que j’imagine la mèche orange alerte se dandinant sur un rythme endiablé parmi les choristes.

J’admire tout de même et dois bien le concéder, qu’en ouvrant un show comme il le fait, soudainement la terre entière se retrouve à tes pieds, y a pas photo. C’est dans un stade bondé et dès la première note envoyée, que Love Symbol en devenir provoque une avalanche de culottes mouillées et nombre d’éjaculations spontanées parmi le publique en extase, je ne vous parle même pas de la suite, ça transpire le cul et la poudre de perlimpinpin par tous les ports de la peau. Il ira joyeusement jusqu’à utiliser une guitare arrosoir pour un golden shower général. Oui vraiment, je suis totalement fasciné !

Il joue de la six cordes, c’est un fait et le prouvera tout au long de sa vie, mais merde quoi, s’il avait mis de côté les paillettes et les strass j’aurai eu mon fils indigne du Voodoo Child envoyant ravageuse Fuzz cradingue et riffs bruitistes. La coupe afro a laissé place aux bouclettes Loreal et eye liner, mais le mec savait tenir un manche ça j’en suis sûr… Petit chenapan.

Le back band donc, aux p’tits ognons, des nanas partout et pas juste pour danser, ça chante, ça envoi des grosses lignes de basses, ok la batterie je fais abstraction pour ne pas trop saigner des oreilles. Une possible hémorragie me guette, provoquée par les E-drums et le son horrible venu d’un pet d’éléphant atteint d’aérophagie chronique.
Costumes et tenues folkloriques tirées à quatre épingles, jabots, froufrous et armures saillantes au corps, les pas de danse sont millimétrés et aux regards amusés et inquisiteurs du maître des lieux, tu sens qu’il veille. Au moindre déhanchements ratés les différents musiciens jouent tous leur place.
Mise en scène orchestrée, le mec est en même temps intouchable et accessible, il faut bien que le fantasme reste tangible pour conquérir l’audience.

En plein milieu du show, je ne m’en suis pas encore totalement remis, une superbe descente par une rampe de pompier avec guitare harnachée dans le dos, puis avec la dextérité d’un chat surexcité, s’échappe en tourbillonnant. Il arrive sans mal à envoyer des notes en faisant moultes cabrioles, et je peux vous confirmer qu’il n’est pas aisé de jouer de la guitare en faisant des triples Lutz, j’aurai souvent envoyé ma guitare valdinguer dans mon ampli, investi d’un soudain élan de confiance, essayant simplement de sauter à pieds joints !
Glissade sur le côté façon batteur de base ball, grand écart avec roubignolles intactes, simulations coïtales lorsque Nikky start to grind (mais putain cette chanson est tellement bien et il l’a bousille complètement sur ce show) puis se retrouve poursuivi par les Blues Brothers, ca j’ai pas bien compris mais on est plus à un truc farfelu près !

Il n’arrête jamais les tours de magie deux heures durant, sort de la brume tantôt avec une cagoule, une jupe, un pantalon slim, à poils, un bandana dans les cheveux et des tenues extravagantes, on imagine bien un semi-remorque entier juste pour les fringues.
Le must pour moi étant le bandeau sur l’œil, je n’ai jamais bien saisi au cours des années  80 cette fascination de certains groupes pour les pirates ! Je ne me l’explique vraiment pas. Mille sabords, mais quel est donc le lien entre des corsaires qui pillent et sentent la morue et… Un concert de rock. Il reste bien des mystères non élucidés dans la musique !
j’ai oublié de mentionner les nombreux tentacules de poulpe sur l’épaule droite, peut être le lien subtil avec l’univers de Barbe Rousse ?
Va savoir.

La mégalomanie me fascine chez les artistes qui sont capables et aillant fait leurs preuves, je citais James Brown, mais on peut aussi nommer pêle-mêle, Alain Delon, Jean Claude Van Damme, Alvin Lee et j’en passe et des meilleurs. Les mecs sont clairement ailleurs mais n’ont peur de rien, alors ok j’accepte et ça m’éclate.
Dans la musique, cette hégémonie égocentrique va souvent se traduire par deux choses qui ne devraient jamais se rencontrer mais qui pourtant sont toujours étrangement liées, plus une troisième inconnue laissée en générale sous couvert faute de politiquement correcte.

D’abord la religion et le fait de parler à dieu, plutôt en lui faisant comprendre qu’on est son égal mais sans l’offusquer. Il n’y qu’un pas pour nous faire croire qu’il est la réincarnation du barbu sur la croix, et c’est là qu’intervient le deuxième composant alchimique, le cul !
Alors je résume, je parle à dieu et je suis touché par la grâce, pieux croyant dans le chemin des Saints, mais cinq minutes plus tard je me branle sur scène et effectue un mime fort poignant de ma langue dans le trou de balle d’un ou d’une inconnue. C’est du grand art, Dada serai fière de cette descendance sans aucune logique.
La troisième composante qui apparait au choix, avant, pendant, après ou souvent dans toutes les étapes, c’est la coke. A chacun de ses trépignements on s’attends à ce que 2kg de poudre s’échappent par inadvertance de l’une de ses poches trop serrées.
Le mec sautille comme au stade terminal de Parkinson, se contrôle tout juste pour pas se bouffer les lèvres, et on imagine facilement dans les loges un saladier vidé de sa poudre, qui sera plus tard rempli de valium et tranquillisants pour animaux de la savane afin que le nain de Minneapolis puisse dormir un peu les jours prochains sans être trop énervé.
C’est beau, c’est inerrant à tous les musiciens mégalo, une règle d’or toujours suivi à la ligne.

Je dois admettre qu’une fois sorti du monde fluorescent des eighties il a fait des choses simples et directes, comme ce petit Cream qui passe bien… Il en manque peu pour divaguer sur les rives du blues, on comprend mieux son univers et ce qu’il a assurément assimilé sans jamais totalement le montrer.

Ahlalala, mon ami de petite taille, que tu en auras fait des choses dans ta carrière avant de rejoindre l’autre monde, du rock, du rap, de la techno, du blues, de la daube et des éclats visionnaires. Je retiendrai de ton passage, un guitariste virtuose et un personnage excentrique imposant un style unique. Tu resteras mon sexy mofo que j’aurai rêvé de voir sortir un disque entier de blues bruitiste… Allez je te laisse tranquille tu dois être occupé au royaume de Caligula.

Apres deux heures de show endiablé à mon réveil ce matin, je ne sais toujours pas trop quoi en penser. Ah si, c’est indiqué en début de vidéo, i witnessed Prince and the revolution live !
What else ?