Le Doigt de Mesure

Le doigt de Mesure - Tête de l'Encrenaz

Aout 2020 - Massif des Aiguilles Rouges

Départ Parking ( 46.014658, 6.919854 )
– Altitude de départ 1375m, arrivée 2812m
– Dénivelé cumulé total : 1000 à 1450 suivant itinéraire)
– Distance : 9km aller et retour
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Pour cette sortie nous combinons la rando et l’escalade avec un bivouac quatre étoiles face aux magnifiques glaciers du Tour et d’Argentière.
Je pars donc avec mon intrépide binôme Sieur G. toujours d’attaque pour une virée montagnarde et ma canine compagne au flaire alerte.
Pour les non pratiquants de la bagarre sur cailloux en chaussons trop petits, cette ballade vaudra tout de même le détour pour les magnifiques couleurs du rocher des Aiguilles Rouges et l’omniprésent calme serein.

Attention toutefois, je considère cette randonnée comme assez difficile de par les passages dans les pierriers pouvant être délicats pour les novices, bonnes chaussures montantes requises afin de ne pas y laisser une cheville. Je suis parti en pompes light et j’ai vraiment abimé la semelle dans les pierriers, choix peu judicieux de ma part après coup.
Le départ se fait depuis Vallorcine où vous pouvez vous garez à proximité du chemin sur le parking de droite de la route du Col (voir topo).

Nous traversons la route et partons sur le grand chemin menant vers le téléskis, avant de passer sous les câble il vous faudra prendre main gauche sur un sentier devenant vite étroit mais bien définit menant jusqu’à la tête de Praz Torrent.
Vous trouverez alors un panneau indiquant l’endroit situé aux alentours de 1800 mètres d’altitude.
Jusqu’ici la marche est aisée, la végétation luxuriante en cette époque de l’année, quelques champignons sortant timidement aux abords de la sente et nombreux sous arbrisseaux de myrtilles sauvages.
Chemin efficace, parfois un peu abrupte, les 450 premiers mètres de dénivelé se font sans encombre.

A partir d’ici la traversé sera plus difficile, il vous faudra suivre la piste jusqu’aux environs des 2000 mètres pour bifurquer dans la combe de l’Encrenaz, la trace disparaît et laisse place aux cairns parsemés afin de vous guidez.
Nous nous sommes quand même égarés et avons rejoint notre point de bivouac en mode sangliers sauvages dans une végétations dense mais heureusement courte sur pattes.
Il vous faudra franchir le début du pierrier pour atteindre une petite plateforme aménagée pour un bivouac non loin d’un gros rocher fendu en son centre.
A quelques mètres de là, une autre possibilité de dormir sous un amas de roches formants une sympathique grotte. Mon camarade y éluera domicile pour la nuit, étant venu sans tente et uniquement avec un sac de couchage.
L’endroit rêvé pour nous, aventuriers en herbes qui nous extasions sur l’originalité du site et le coté sauvage perdu au pieds de la paroi.
Merci de laisser l’endroit propre et de ne rien voler ! Fief des grimpeurs, ayant laissés quelques cordes et autre matériel, ceux-là même j’en suis sûr, pour notre plus grand bonheur ont dû passer des heures et des jours à ouvrir ses belles voies avec grand effort.

Alors j’insiste sur quelques points, car durant cet été 2020 post dé-confinement j’avoue avoir été grandement exaspéré pour ne pas dire plus par les randonneurs très peu respectueux de la nature, voir franchement dégueulasses. Déféquant sur tout et n’importe quoi en y laissant leur stock de papier cul à terre, cigarettes, plastiques, couches culottes, tampons et autres joyeusetés en trophées aux animaux appréciant peu ce genre de déchets au sein de leur habitat.
Merci de vous munir de sacs en plastiques afin de ne laisser AUCUNS déchets lors de vos sorties aussi courtes soient elles. Pour les plus radins d’entre vous qui ne voudraient pas dépenser cinq centimes pour sauver les montagnes et les Chamois, une astuce simple consiste à prendre quelques sacs gratuits aux nombreux points canins qui parsèment la ville de Chamonix et les alentours.
Sincèrement, il faudrait vraiment prendre conscience de l’impact de ses détritus envers tous les aspects de la nature. Avant de parler de réchauffement climatique, de la pollution des véhicules et de la fin du monde selon Paco Rabanne, je vous assure que l’érosion et la détérioration liées aux déchets est toute aussi importante voir plus.
Allez faire un tour sur la mer de glace en été, devenue tristement poubelle géante d’où ressort tout l’égoïsme du genre humain négligeant un habitat dont nous sommes locataires pour quelques années mais où l’écosystème lui, perdure depuis des millions d’années.
Enfin il va pas perdurer longtemps si nous continuons à ce rythme.
Voilà, gueulante off, je vous laisse juge de votre comportement, en souhaitant qu’il soit réfléchis.

Nous passons donc la nuit au alentours de 2200 mètres, joli coucher de soleil, la Petite Verte se dessine fièrement au-dessus d’un chapeau nuageux, les deux glaciers affichent leurs atours quelques peu dénudés en cette période, le rouge vermillon de la roche éclatante face aux dernières lueurs du soleil… Magnifique.

Le matin venu, un petit déjeuner frugale plus tard, nous repartons en direction de la falaise pour y trouver notre grimpant départ.
Il se situe en plein dans le pierrier, le plus simple pour trouvez votre chemin est encore de longer la paroi une fois que vous avez contournés la première butte qui mène vers le col de l’Encrenaz, nous n’avons donc pas poursuivie mais il vous sera possible de rejoindre le col dans une pente bien abrupte et par ce qui semble quelque points équipés d’échelles. Attention à partir d’ici c’est de la rando ++, mais pour ceux ne désirants pas grimper à ce stade vous aurez déjà fait une bien belle ballade !

Baudriers saillants et dégaines clinquantes, nous fabriquons une niche d’appoint pour Lhotse (ma folle chienne) qui ne pourra malheureusement pas nous suivre, et attaquons Les noces d’étains.
Voie équipée par Michel Piolat et Benoit Robert en 2003, c’est à “l’ancienne”, les points sont éloignés voir parfois très éloignés mais pensés de façon intelligente avec des spits rapprochés pour les pas plus engagés situés dans le 6a (deux longueurs). Nous nous faisons la même remarque avec mon pote, il faut être à l’aise dans le 5+ pour profiter pleinement de cette paroi qui somme toute reste très facile, cela dépend bien sur du niveau de chacun.

Onze longueurs, la plupart magnifiques, un beau cailloux, des passages splendides, un peu de dalle, quelques arêtes, deux tout petits toits, très bien équipées avec relais chainés et maillons, huit dégaines nécessaires.
Les relais sont tous confortables et spacieux, ont s’éclatent tout du long et ne cessons de contempler le paysage s’ouvrant durant l’ascension.
Apres quelques heures nous sortons au Doigt de Mesure culminant à 2812 mètres, un vent fort s’y love, et par quelques mouvements au-dessus du dernier relais, apprécions le panorama imprenable.
Ca caille aujourd’hui, quelques photos et nous prenons le chemin de la descente en rappel. Il vous ramènera un peu au-dessus du point de départ. Prévoir de prendre les chaussures dans le sac car le pierrier nus pieds c’est bof (bha oui faut bien que je fasse quelques trucs un peu rigolos !)
Environ quatre heures pour cocher cette voie dans une ambiance montagnarde que j’ai adorée.

Récupération de Lhotse qui se réjouie de notre retour et aura sue être patiente, point assez rare chez elle pour être noté.

La descente dans le pierrier fuyant est malcommode, personne en dessous nous pouvons faire dévalés quelques gravats.
Retour à notre petit camp de base où nous récupérons nos affaires et c’est reparti pour une bonne heure de descente.
Mon genoux et mon pied amochés me lâcherons un peu et j’arriverai assez fatigué au parking avec une furieuse envie de quelque chose de gras pour remplir mon estomac vide.

Notre périple s’achève, continuons de parler d’escalade et de futurs projets à notre humble niveau.

Tant de chose à découvrir, tant d’aventures à la porte de nos vies.

La montagne est mère de toutes choses, certains y trouveront un ascension vers les cimes et l’exaltation, quelque chose de plus “hauts”… Une réponse.
Quant à moi c’est un retour à la source au sein de de la création de la vie… Une vocation introspective à n’en point douter.

Merci à mon binôme pour se beau souvenir.

Enjoy the wild !